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L’église-temple

Tout le passé historique tourne autour de cette église classée monument historique depuis septembre 1914. Quelques moines bénédictins de l’abbaye de la Chaise-Dieu sont appelés à Beaumont au XIème siècle et un prieuré attenant à l’église s’élève sur le côté nord. Il est totalement invisible de nos jours.

Les guerres de religions sont à l’origine des différentes mutilations et transformations de l’église, très souvent laissée à l’abandon, mais à l’inverse d’autres régions, les protestants harcèlent le peu de catholiques se trouvant sur la commune à ce moment là. Elle est mise à sac et pillée 3 années consécutives de 1559 à 1561. Le 25 avril 1562, le Baron des Adrets et ses troupes ravagent à nouveau l’église et lui donne le coup de grâce en la brûlant et reste pendant 36 ans sans toiture.

Le 13 avril 1598, Henri IV signe l’Edit de Nantes, édit de pacification entre catholiques et protestants, et cette année là a lieu une première restauration sommaire de la toiture.

En 1603 le clocher est restauré. La toiture posée en 1598 s’effondre à nouveau en 1665 et la désolation s’installe encore une fois pour 66 ans. En 1731, Alexandre Milon de Mesme, évêque de Valence et Seigneur de Beaumont, lors d’une visite pastorale ordonne sa reconstruction. L’église se trouve dans un état très proche de la ruine. Un lambris est posé sur la moitié Ouest pour remplacer les voûtes effondrées. On relève un pilier et une partie des voûtes dans la moitié Est. Plus tard cette différence d’architecture sera utilisée pour la séparation. Cette très importante restauration de 1748 procure à l’église son aspect actuel.

Dès 1789, les deux communautés religieuses revendiquent l’église pour l’exercice de leurs cultes, les protestants n’ayant plus de temple depuis 1686. En février 1790 a lieu à Beaumont l’élection du premier maire. Jean Abraham Chiron est élu maire, il est aussi pasteur, le premier officier municipal est Antoine Ollivier, curé de la paroisse ... un oecuménisme d’avant garde.

L’église temple depuis 1792

Les catholiques jouissent de l’église entière jusqu’en 1792. Cette même année, le directoire de la Drôme accepte le partage à des heures différentes. En 1793, l’église devient temple de la raison au moment ou Robespierre interdit les cultes. Elle sert de maison commune, c’est à dire de mairie jusqu’en 1802 ou elle retrouve sa vocation première avec le rétablissement des cultes.

En 1804 une nouvelle demande de partage est faite. L’autorisation est donnée par décret du préfet le 17 thermidor an XIII. (5 août 1805) Le mur de séparation est construit en 1806 afin de séparer la nef et le choeur, la partie du choeur restant l’église la nef devenant le temple.

Bien que classée monument historique depuis de nombreuses années les travaux de restauration ne commencent qu’à partir de 1973 avec une première réfection du toit du clocher et la construction d’une terrasse à la place de la toiture.

En 1978 la démolition de la maison attenante à l’église met plus en valeur le monument. En 1992 s’achèvent les dernières restaurations tant du coté église que du coté temple avec l’aide des bâtiments de France.

Abritant à la fois les catholiques et les protestants sous le même toit , le mur de séparation construit en 1806 est remplacé par une cloison amovible inaugurée en avril 2008 monument unique en France.

Chantal GENSEL

Les Amis du Vieux Beaumont.