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Corso de Beaumont-lès-Valence : une tradition qui se construit ensemble

Rencontre avec Maxime Papa, président du comité des fêtes

Avec plus d’un siècle d’existence, le Corso de Beaumont-lès-Valence est un rendez-vous incontournable de la vie locale. Derrière les chars et les festivités, ce sont des mois de travail collectif, de savoir-faire et de passion. À sa tête depuis décembre, Maxime Papa et son équipe poursuivent cette tradition tout en lui insufflant une nouvelle dynamique.

Pouvez-vous vous présenter ?

Maxime Papa :
Je suis né à Valence et je suis aujourd’hui pompier volontaire à Beaumont-lès-Valence. J’aime beaucoup le monde associatif, et je trouve que le Corso est une très belle opportunité de s’y engager.
Je suis devenu président du comité des fêtes en décembre dernier, avec une nouvelle équipe.

Quel est votre premier souvenir du Corso ?

C’était en 2012. À l’époque, j’habitais à Montéléger. Je connaissais déjà les corsos, mais pas celui de Beaumont-lès-Valence. C’est en devenant pompier volontaire ici que je l’ai découvert.

D’où vient cette fête ?

Le Corso trouve son origine dans la fête des laboureurs.
À l’époque, un roi et une reine étaient désignés. Aujourd’hui, la tradition perdure avec l’élection de la Miss et de ses dauphines.

Vous êtes le nouveau président : comment se passent vos premiers mois ?

Les débuts sont denses, avec beaucoup d’informations à comprendre et à organiser. Malgré cela, nous avons fait le choix de maintenir le Corso cette année.

Nous fonctionnons comme une véritable équipe :
le bureau, les membres actifs, les aidants et les constructeurs. Sans cet engagement collectif, rien ne serait possible. Nous travaillons de manière collégiale, chacun apporte sa pierre à l’édifice.

C’est aussi un honneur de faire partie de cette institution qu’est le Corso de Beaumont-lès-Valence, qui fête cette année sa 114ᵉ édition.

Les chars : un savoir-faire collectif

Combien de chars cette année ?

Nous comptons 15 groupes de constructeurs, pour un total de 16 chars, puisqu’un groupe en réalise deux.

Y a-t-il une thématique imposée ?

Contrairement à certains corsos de la région, nous n’imposons pas de thème.

En revanche, en fin d’année, nous nous réunissons avec les constructeurs pour connaître les idées de chacun. Cela permet d’éviter les doublons et de garantir la diversité des créations. Une fois les thèmes validés ensemble, les équipes ont plusieurs mois pour concevoir leur char.

Comment est fabriqué un char ?

Un char est d’abord composé d’une remorque, sur laquelle vient se greffer toute la structure.

Cette structure est réalisée en bois ou en acier, puis entièrement recouverte de papier de soie et de décorations en créponnage.

Construire un char, c’est mobiliser de nombreux savoir-faire :
souder, concevoir une structure, imaginer un décor, travailler le papier… C’est un véritable travail d’équipe qui demande du temps et de la précision.

Qu’est-ce que le créponnage ?

Le créponnage est une étape essentielle dans la décoration des chars.
Il consiste à froisser et travailler des bandes de papier de soie (ou papier crépon) afin de créer des motifs qui recouvrent l’ensemble de la structure.

Il existe plusieurs types de créponnage :

  • Les petits crépons :
    Ce sont de petits morceaux de papier froissés ou roulés, fixés un à un à l’aide d’une tige sur le char. Ils permettent d’obtenir un rendu très serré et précis.
  • Les roses :
    Elles sont réalisées à partir de cercles de papier de soie assemblés entre eux. C’est un travail en apparence simple mais en réalité très minutieux et long.
    Notre regretté ami Michel Kraft, dit « Mickey », a d’ailleurs conçu une machine permettant de découper les feuilles de papier en cercles et de les assembler plus rapidement. Grâce à son ingéniosité et à sa générosité, les équipes peuvent aujourd’hui réaliser de nombreuses roses et embellir les chars.
  • Les pomponnettes :
    Ce sont de petits pompons obtenus en enroulant puis en découpant des bandes de papier de soie. Elles apportent du volume et de la texture aux décors.

Le créponnage demande donc patience, minutie et savoir-faire, et constitue une part essentielle de l’identité du Corso.

Combien de temps faut-il pour fabriquer un char ?

La construction demande au minimum 2 à 3 jours de travail par semaine pendant plusieurs mois. C’est un investissement important pour les équipes de constructeurs.

Le Corso en fête

Combien de visiteurs sont attendus ?

Chaque année, le Corso rassemble entre 3 000 et 4 000 personnes.

Quel est le programme ?

Jeudi :
Présentation des chars, des constructeurs et des Miss aux élus

Vendredi :
Soirée d’ouverture réservée aux constructeurs, bénévoles et sponsors
(90 partenaires cette année)

Samedi :

  • Concours de pétanque à Montmeyran
  • Bal des enfants
  • Défilé de chars illuminés à 21h
  • Soirée dansante

Dimanche :

  • Aubade au maire
  • Bugnes et vin blanc sur la place de la mairie
  • Défilé de chars et parade musicale
  • Concert en soirée

Lundi :
Défilé dans les communes voisines, avec un changement cette année : le parcours se terminera à Montéléger.

Comment vivez-vous ce premier Corso en tant que président ?

Je suis un peu fatigué, avec beaucoup d’appels au quotidien, mais surtout très content. C’est une belle expérience, rendue possible grâce à une équipe motivée : l’ancien bureau, le nouveau, les membres actifs, les aidants et les constructeurs.

Et après le Corso ?

Les prochains événements sont déjà programmés :

  • 19 juin : Fête de la musique
  • 3 juillet : Festiv’été
  • Puis : marché de Noël, bal des Miss… et peut-être quelques surprises !

Propos recueillis par Emilie Grimal, chargée de communication


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